Archive for October, 2009

Cuba with Air Comet

Egyptair and Aircomet.

Chèrs Amis,
Chère Famille,

Il est 15h30 quand j’entends le “Last Call for Egyptair Flight 726”, le B737-800 n’attend presque plus que moi : je suis le passager le plus heureux de la cabine.  Je suis en route vers le Caire où je vais passer ma première mission  en tant qu’observateur  dans ma nouvelle Compagnie.  Une fois installé à bord, dès que le décollage est fini et le niveau de croisière atteint, j’ouvre mon laptop et je me dis que c’est le moment parfait pour donner des nouvelles  sur ce que j’ai fait ces quelques derniers mois. La dernière fois que vous avez eu de mes nouvelles  je commençais la partie théorique de mon Type Rating A330 et, comme  à chaque lettre, beaucoup de choses se sont passées.

Nous sommes au mois de juin/juillet  et je suis à  Toulouse où j’étudie les systèmes et les procédures de mon nouveau jouet avec mon père  ainsi que Carine, « ma » commandant de bord, avec qui je fais cette formation. On étudie pendant la journée les différents systèmes de l’avion et le soir venu, on passe en détail dans toutes les pannes possibles et imaginables que l’on pourrait avoir avec ce système. Ce n’est pas très dur, c’est juste beaucoup de petits détails à connaître mais, pour une fois, j’étudie quelque chose dont je suis sûr que ça va me servir, ce n’est vraiment pas comme les cours du secondaire !

Il est 02h00 du matin lorsque le téléphone de la chambre 4041 de l’IberHotel du Caire sonne, j’ouvre les yeux et je tente péniblement d’aller chercher le téléphone qui est quelque part de l’autre côté du lit. C’est le Wake up call. Bien que je me sois couché il y a près de 6 heures,  je n’ai pas encore réussi à m’endormir. Je volais hier après midi et demain je volerai  le matin. Il n’y a pas vraiment de rythme dans mon horaire : je suis au lit les 6 heures qui précèdent l’heure du réveil et je mange quand je peux : je m’adapte. L’heure de décollage est la référence autour de laquelle je construis ma journée : 9h avant le décollage je me couche, 3h avant je me lève, 2h15 avant je vais au ‘pickup’. 2h avant je suis au « Flight dispatch » pour être à l’avion 1h30 avant le décollage, qui lui est à l’heure si tout se passe bien. Cette absence de rythme fatigue et je commence à comprendre pourquoi on a tant de « rest time ». Lors de mon premier vol  Paul, un commandant, m’a  donné  les deux règles de base des vols long courrier : « Sleep whenever you can » et « Eat whenever you can ». Je ne les comprends que maintenant.

Je descends du petit bus qui vient de me déposer au pied de l’avion et je me sens  tout à coup très jeune : mon commandant a 22000 heures de vol, le copilote doit en avoir 5000 et moi, je  suis fier comme un coq de mes 257 (ET 6 minutes ! –ne les oublions pas ! – ) heures de vol, dont 1h30 sur « Jet ». Je regarde le reste du crew, que ce soit l’ingénieur, les hôtesses ou les stewards je suis le plus jeune ce qui m’as valu, dès le premier jour, le surnom de « The Baby » : On ne me propose pas encore de tasse de café, mais bien un verre de lait pour que mes dents poussent. Une fois au pied de l’avion quand « The Daddy » commence à monter les marches de « son » trois trente,   moi j’accompagne « The boy »  faire l’external de l’avion : Je regarde l’aspect général, je vérifie les sondes ainsi que les pièces maîtresses de l’avion : Après une brève recherche sous l’aile je constate qu’on a encore les deux moteurs,  c’est déjà ça… Cet avion est tout neuf, bien que sorti des chaînes de fabrication en mai  il a plus d’heures de vol que moi et à part changer un pneu  il n y a pas vraiment de problème : sur chaque vol on a un mécanicien de la compagnie qui fait le suivi de l’avion.

On  arrive 2 heures à l’avance à l’avion, ce qui est bien plus long que dans les autres compagnies  vu que nous sommes toujours un avion « extra » dans la compagnie cliente (dans ce cas -ci, Egyptair), nous avons toujours quelques petits problèmes  d’organisation : La nourriture n’arrive pas, on a perdu les passagers dans le terminal,  le devis de poids doit être fait ou bien il n y a pas le matériel nécessaire au sol pour notre avion. Dans 50 pour cent des cas tout va bien et on est prêt 1h30 avant le décollage et dans certains cas on se retrouve avec un retard de 2h sur les bras…

Je rentre brièvement le week-end de la mi-septembre à la maison, on me donne 2 jours OFF et les billets étaient déjà réservés. Je ne sais pas très bien pourquoi je rentre pour une période si courte, mais bon je vais être content de voir mes amis et ma famille !

Quand je reviens au Caire ce week-end je remarque que mon horaire a changé : je vole avec deux instructeurs pour le prochain vol et les suivants  se font avec un « Line training Captain » ainsi qu’un « Safety Pilot ». Ca ne veut dire qu’une chose : cette fois-ci, c’est moi qui suis aux commandes ! Je revois  vite fait mes procédures  et me voila parti pour mon premier vol commercial, vers Jeddah !

Depuis le Caire, il y a eu ma mission de 10 jours à Cuba, à la Havane : Je n’ose plus en parler car elle déprime pas mal de monde. C’était aussi mon premier vol « Transatlantique » avec toutes  les procédures à faire quand on parle sur les ondes HF, lorsque l’on est à plus de 60 min de vol d’un aéroport ainsi que les procédures des « North Atlantic Tracks». Beaucoup de travail, beaucoup plus que sur un vol Caire-Jeddah, ce à quoi, je ne m’attendais pas.

Cuba c’était aussi un coucher de soleil de plus de 2 heures (on vole dans la même direction que le soleil !), 2 journées à se prélasser  sur la plage le long de la « beach house » à boire des Mojito,  Daiquiri et autres Cuba Libre, sans oublier les homards grillés au barbecue (à 3E pièce, ça vaut la peine !). Enfin ! Très belle mission, les photos parlent d’elles-mêmes, je crois qu’il est inutile de détailler plus ;)

J’ai ensuite fait quelques simu 330/340 à Toulouse et depuis le 3 novembre je suis reparti en mission  vers Palembang, une ville d’un million d’habitants située sur l’île de Sumatra en Indonésie. Destination : Jeddah, encore et toujours ! Je viens de regarder les cartes d’approche de l’aéroport  de Palembang : Une seule piste, ‘relativement courte’, pas beaucoup d’aides à l’atterrissage et  8 places de parking au total (et ici je suppose que rien que notre avion en prend 3 à lui tout seul…)

Donc résumons ce long mail en une ligne : Après L’Égypte, Cuba, la France et la Belgique, je vais en Indonésie, je vais bien, et j’adore ce que je fais.

A bientôt

Olivier.

Cairo with Egyptair