Archive for November, 2008

Goodbye Archer, Hello DiamondStar!

Chers Amis,
Chère Famille,

Le troisième mois aux Etats-Unis touche à sa fin et c’est donc l’occasion d’envoyer les dernières nouvelles d’ici.

Lors de ces dernières nouvelles, je venais de réussir mon “pré solo nav check” et je pouvais enfin partir seul à bord de mon Piper Archer vers les déserts et les montagnes de l’Arizona.

Hier, j’ai passé mon “Final VFR Check” qui conclu la fin de mon entrainement pour voler à vue, c’est à dire voler en utilisant une carte, un compas et un chronomètre. Une fois ce check réussi nous commencerons à voler ‘aux instruments’.

On est ’sous le hood’ et on ne voit plus dehors: on ne regarde que nos instruments et il faut apprendre à interpréter ceux ci pour décoller, monter, voler en croisière, descendre ainsi que d’atterrir avec une visibilité presque nulle: à 75m de haut l’instructeur dira “Go Visual” et il faudrait être en position pour atterrir.

Si l’instructeur ne m’autorise pas à enlever le hood je devrai discontinuer l’approche: dans ce cas je crie ‘Missed Approach” dans le cockpit ainsi que sur la radio et je remettrai les gaz pour remonter: il y a des montagnes dans le coin, je volais a 75m de haut, et je n’ai rien vu dehors. Ca fait peur quand on y pense, mais ca c’est pour le prochain mois.

Les Navigations solo… il me sera impossible d’oublier ca… imaginez vous, a 20 ans, on vous confie un avion, des cartes de crédits pour refueller, et on vous dit que l’on peut aller n’ importe où. Une seule limite: tu as 4 heures de vol devant toi!

La météo est belle, il est 0630 du matin, il fait encore noir, tu es seul dans le siège de gauche de ‘ton’ avion, moteur éteint et tu regardes ta montre: dans 8 minutes je démarre le moteur, je ne peux pas décoller avant le jour: le sunrise est à 0643 aujourd’hui. Je bois mon café, dans le noir, dans mon bureau, tout en regardant le soleil se lever sur les autres avions: la vue est splendide, je suis au paradis.

A “five before sunrise” je démarre le moteur et j’annonce à mon dispatch que je quitte le parking, je contacte la tour de contrôle et je fais mes tests moteurs. Je roule lentement vers le seuil de piste pour faire en sorte d’y arriver à la seconde où ma montre indique ‘43′. Je décolle face au lever de soleil.

Je pourrais détailler toutes les navigations que j’ai faites, mais je crois bien que cela vous énerverais d’entendre les souvenirs d’un passionné: j’ai survolé des lacs à l’altitude minimale autorisée, j’ai fait des cheminements au fond des vallées, j’étais en finale -to land- à 40km de ma piste, en descente à la vitesse maximale. J’étais seul, j’étais heureux, la terre défilait à mes pieds: je ne pouvais peut-être pas bouger les montagnes mais je pouvais bien passer ces obstacles avec une facilité déconcertante.

J’ai aussi fait un tour de Phœnix en avion: sur 14 aéroports planifiés, j’en ai fait 9: je jouais constamment avec les espaces aériens contrôlés, les non contrôlés, les zones interdites, les montées et les descentes. C’était dur, c’était bien : mon ‘leg’ le plus long était de 12 minutes.

Mon école, SATC, est assez terrible et énervante au niveau organisation, au niveau planning et au niveau communication : on doit littéralement se battre pour aller dans l’avion, on est énervé, on est stressé, on n’est pas heureux quand on passe dans le ‘Briefing Room’ et on peste quand on nous annule ou quand on nous change d’avion en dernière minute… mais à la seconde où les roues quittent le sol on comprend pourquoi on fait tout ça, ce pourquoi on continue, ce pourquoi on est prêt à tout sacrifier. C’est ‘juste’ pour ces quelques minutes de bonheur. C’est un sentiment impossible à partager, impossible à décrire: on ferait tout pour ces quelques moments.

J’en reviens aux études, comme je le disais ci dessus j’ai réussi mon “Final VFR Check”. Bien que je sois heureux de l’avoir réussi je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine amertume quand à ce succès. Depuis le début de ma formation je volais sur un Piper PA28-181 “Archer” que je dois maintenant quitter pour un autre avion plus récent, plus performant, plus rapide, plus complexe. Je dois continuer ma formation sur Diamond DA40 “Diamondstar”.  Je crois bien qu’on va me prendre pour un fou mais je l’aimais bien cet avion : il ne volait pas droit, c’était une véritable brique, mais, c’était ‘mon’ avion qui était sous ‘ma’ responsabilité, c’était un peu mon enfant que je dois maintenant confier à des ‘blues’ qui lui feront faire, comme je l’ai fait, les pires landings. Mais, c’est un ‘training aéroplane’ et il pardonne extrêmement facilement. (Ceci dit, je crois bien que je suis amoureux de chaque avion que j’ai pu piloter, quel que soit la technologie, quel que soit la forme.)

Le prochain avion est, comme je l’ai dit plutôt, un DA40: Construction matériaux composite, récent (premier vol en 1997 au lieu de 1960!), avec une hélice à pas variable (3 manettes avec lesquelles on sélectionne la pression d’admission, le ratio air/fuel ainsi que la vitesse de rotation du moteur) ainsi qu’un ‘glass cockpit’ ce qui deviens un peu plus complexe, un peu plus chouette. Mais, je ne pourrai m’empêcher d’être nostalgique de cette époque de Navigations Solo en voyant un de ‘mes ex’ décoller devant moi :) .

Sur ces quelques nouvelles rapides, il est temps que je me replonge dans mes manuels: je ne connais pas le Diamond et il faut que j’étudie les procédures et les différents systèmes de l’avion. Étude, comme d’habitude, le long de la piscine: il fait un bon 26° ici, et les nuages sont inexistants.

A bientôt,

Olivier

Photo: Archer Days…