Archive for October, 2008
Premiers Solo’s
Cher Famille,
Cher Amis,
Je me réveille, et comme tout les matins je titube tant bien que mal jusqu’à la machine à café que je m’empresse de mettre en route, je prends mon ordi et je m’assieds sur la terrasse, un document Word est ouvert en grand, je lis “ECRIRE NEWS2″ écris en grand, gras et surligné. A la ligne d’après j’arrive à lire que “cela fait 26 fois que tu as remis ça au lendemain”. Je rigole… il est temps que je m’y mette. Donc la voila, les dernières nouvelles de ce qu’il se passe ici. Un peu moins poétique que la précédente, et sans doute un peu moins concrète mais elle remplira sans doute le but de ces lettre : vous dire que je suis encore vivant, que je vais bien et que je m’amuse toujours autant !
‘Faut que je vous raconte! L’Amérique, mais quel pays!
‘Faut que je vous raconte! Ce pays est un pays de fous!
‘Faut que je vous raconte les premiers ’solos’. Le fameux premier solo. Demandez a n’importe quelle pilote : on s’en souvient tous. Notre premier solo est la récompense de tous les sacrifices, de tous les efforts données des années précédentes : c’est une étape importante dans notre vie de pilote et est donc fêter dignement avec la promotion. La coutume a SATC veut que chaque élève qui vole pour la première fois seul dans un avion doive être jeté dans une piscine, en uniforme, et ce sans toucher le sol entre son siège de pilote et le fond de la piscine. Il faut, bien sur, aussi passer le court trajet en voiture enfermée dans le coffre. La tradition demande aussi que l’élève soit tondu : c’est un nouvel homme.
Les vols solos: ca c’est la liberté absolue. Être solo, c’est être libre de danser avec les nuages, c’est être libre de faire un ‘go around’ car on ne veut pas encore toucher le plancher des vaches, c’est être libre de faire un ’steep turn’ juste pour son plaisir, c’est être libre “d’aller voire cette montagne” juste pour s’amuser, sans autre raison que de ce faire plaisir. Mais, être solo, ca veut aussi dire qu’on est seul à repérer le ‘traffic at 2 O’clock’, c’est être seul a se demander si on ne viole pas l’espace aérien de Gateway ou bien de Phoenix, c’est être seul a stresser quand on voit une aiguille des instruments qui bouge un peu trop. Je crois que c’est ca que j’aime bien dans l’aviation: cette association de romance et d’aventure qu’est le vol.
Un Capitaine m’as dit un jour que soit tu faisais l’unif ou bien soit tu faisais pilote : dans le premier cas tu t’amuse cinq ans et tu travailles toute ta vie et dans le second cas tu travailles deux ans et tu t’amuse toute ta vie. Pour être sur de bien m’amuser, je donne tout ce que j’ai : ce même commandant de bord m’as dit un jour que chaque vol était une aventure, qu’il se préparait a chaque fois à affronter le pire. Et qu’il était étonné quand un vol se terminait ‘as planned’. Bien que je ne suis qu’un ‘bleubique’, j’ai l’impression que mon expérience grandit de plus en plus : d’aventures, j’en ai déjà eu quelque unes qui mériteraient d’être racontées: je rentre de navigation, je suis parti vers ‘Marana Municipal Airport’ avec mon instructeur et un autre gars de ma promotion, cela fait près de deux heure que je vole lors ce que je répond au contrôleur de Falcon Field ma dernière ‘clearance’, je suis autorisé à atterrir sur la piste 22 Left, je souris: ma première ‘nav’ était ‘parfaite’ je crois que cette fois ci j’en ai mis plein aux yeux de mon instructeur, c’est un de mes meilleurs vols, et je fait tout pour terminer par un atterrissage parfait : je descend un ‘notch’ de flaps, je réduis la puissance, et je me tourne vers ma finale: ma vitesse est ‘Under control’ et je vois le soleil que se couche au loin. C’est un véritable plaisir de voler dans cette masse d’air stable. Il ne reste plus qu’a flairer cet avion, à poser mes roues ‘dans les blocs’ pour aller boire ma petite bière bien méritée. Le seuil de piste passe, je vois le béton défiler sous mes roues et je commencer a regarder au loin l’horizon comme le manuel le demande. et la c’est le drame! Tout se chamboule, Quelque chose se passe et ce n’était pas prévu! Je vois l’horizon qui s’incline d’un bon 45* vers la gauche! ca je me dis que ne m’as pas l’air naturel ! Surtout que je suis déjà à ‘full control déflection’ dans le sens oppose! Ni une ni deux, je mets toute la puissance que j’ai, je rentre un ‘notch’ the flaps et je tire sur le manche pour mettre mon ‘nez sur l’horizon’: Go around! A ce moment la je suis dépasse par les événements, je ne sait pas ce que j’ai fait pour me retrouver dans une position pareille c’était pas prévu! Mais A ce moment la j’entends mon instructeur dire ‘get the power in ! hey… that’s already done!’ et la je recommence a sourire: l’instructeur devait pas s’attendre à ce windshear de dernière minute: j’ai été plus rapide que lui et je ne suis pas ‘en faute’. Je me concentre à voler la ‘missed approach track’ et j’entends mon flightmate crier, “what the hell was that?” pour toute réponse, le FI (Flight Instructor) clique sur son micro et annonce au contrôleur “Archer Eight-Eight-Echo is going around, strong windshear overhead the blocks”. Et pour ma c’est ca ma vision du Bonheur: bien faire ton job, et même faire une peu plus que demande: j’entends déjà l’instructeur me dire ‘bon reflexe!’. Je me retourne et je vois que mon flight mate est blanc: lui a sans doute vu la hauteur de l’aile au dessus du sol. Et la, je souris un peu moins. –on en a plus reparle depuis-.
Il faut que je vous raconte aussi le grand canyon avec mes parents, LA ballade de malade qu’on a faite! Imaginez encore ce petit ‘Ollie’ préparer son trip vers le grand canyon: chaussures style ‘Slash’, Short, T-shirt (j’avais quand même des chaussures de marche pour avoir bonne conscience) tout ce qu’il faut pour marcher dans le désert! Ha-ha, faite moi rire, un ‘désert’: la météo du grand canyon annonce un magnifique « 7 a -7 » avec un risque de neige et de pluie le tout agrémenter par un vent -très- fort. Laissez moi rire : ca c’est de l’humour comme je n’aime pas… on m’annonce ca à 4h de route de mon premier pantalon ou autre polar! Quel humour! Enfin, heureusement que Papa était la et il trouve encore un pull et un pantalon de marche a me prêter: we are all set pour la ballade digestive du ’10oz steak’ de la veille. 6am debout, on laisse la voiture au parking et on commence la descente dans le canyon. La vue en bas est splendide, c’est une vue a couper le souffle, une vue qui force le respect. 24600 pas, 19.6 km, et 2000m de dénivelé dans les jambes (1000m pour descendre, 1000m pour remonter) je retrouve la voiture et je suis soulager lors ce que j’apprends qu’on n’a pas laissé les clefs en bas! On a faite cette balade de ‘8-12h’ en 6h et 5 minutes. Je crois que j’ai bien fatigué mes parents; ils m’ont aussi bien rendue la monnaie ! Et je crois que je suis prêt a la refaire quand vous voulez !
Il faut que je vous raconte aussi le trip vers le Zoo de Phœnix. Rien d’exceptionnel en soit, mais c’est une journée qui arrive a me détacher un sourire a chaque fois que j’y repense. Imaginez un trip entre pilote… on est resté toute la journée sur place! Vous n’avez jamais vu 8 pilotes dans un Zoo ! Et il faut au moins voir ca une fois dans sa vie ! Le Zoo était tout juste sous la finale des pistes 25L/25R de l’aéroport de Phoenix ! On a vu pleins d’animaux: Boeing 737/767, Airbus 320/330 et autres McDonnell Douglas! C’était excellent ! On rêvait tous de les dompter un jour, on rêvait tous de réussir à chevaucher ces monstres de métal ! Je crois que le reste du publique (humains et girafe confondus) devais nous regarder bizarrement! Cette histoire me fait un peu penser quand mon père expliquait la vie de pilote a des élèves de secondaires qui venait a la maison cars ils voulait peut être suivre cette direction aussi : les pilotes sont des passionnées, c’est le seul métier et cela existe encore : un pilote vole la semaine sur les Boeing pour sa compagnie, et il va voler le weekend dans un aéroclub pour le plaisir: les pilotes considère que la vie se compte en heure de vols. J’ai l’impression de perdre du temps quand je suis sur le sol.
Sinon? À part tout ca il se passe quoi en Arizona? Je suppose que la vie suis son cours: quelque tests par ci, quelques ‘Progress check’ par la, des bons et des moins bons vols, des délires entre potes, de réveils le matinaux ou bien des vols ‘tard’ le soir. tout cela ponctué bien sur par une ou deux bières et un trip vers le jacuzzi. Comme je le dis parfois, on est un dans une cage dorée ici: les appartements sont entourés par une barrière, on a tout à l’intérieur et on ne prend pas le risque de sortir sauf pour aller au Wall-Mart. On profite des choses simples: Pool, PC, Friends et on prend le temps de ‘bien’ préparer un vol a fond et je recommence a rêver sur les projets fous que j’ai pour l’année prochaine. C’est sympa.
Sur ca, mon café a fini de couler, et la journée ne fait que commencer : mon planning est vide mais il y a plein de choses à faire. C’est une sorte d’immobilité active.
A bientôt
Olivier